Manimals

Je suis un porc, une lope. Sur ma nuque est tatoué HOMANIMAL. Un col de chemise avec cravate le cacherait , mais je ne possède pas de chemise avec col. HOMANIMAL / HOMME-ANIMAL. C’est également écrit en grand avec des rivets, en travers, à l’arrière de mon blouson de cuir. C’est le seul blouson que je possède et tant qu’il ne fait pas froid, je le porte, ouvert, à même la peau. Il faut que je sente le vent et le regard des bourges et les regards bandants des autres « homanimos ».
Les porcs, les lopes , ça doit être nu et c’est ce que j’aime le plus. Mais à Berlin, ça ne marche que lorsqu’il fait beau et presque exclusivement, dans les bois du Jardin zoologique, du « Tiergarten ». Les vêtements sont donc nécessaires. Les homanimos n’ont besoin que de peu de vêtements et ils doivent tous servir à accentuer le caractère bandant du mec. Je ne dois penser qu’à une seule chose, mon corps de porc, de lope, mon cerveau doit continuellement penser à ma queue. Mon adrenaline doit gicler, parce que je ne peux jamais me cacher, parce que chacun voit que je suis un porc, une vraie lope.